mardi 13 avril 2010

Séjour à Makhamtao de janvier à mars 2010




Lettre d’information

Séjour en Thaïlande de janvier à mars 2010


Au cours de ces trois mois, nous nous sommes rendus à trois reprises à
Ban Makhamtao

1e visite : du 20 au 24 janvier .

A cette occasion, nous avons déposé 268000 baths sur le fonds de la bourse « Kangkorn »et remis à 15 enfants la bicyclette offerte à l’occasion de Noël par leurs parrains et marraines – un très beau vélo acheté sur place coûte 30 euros !-Les petits souvenirs leur ont été donnés lors de nos visites à domicile . Quant aux cadeaux en espèces, ils ont été placés sur le compte scolaire des enfants, à la demande de l’assistante sociale et enseignante Koo Modt qui assure ce poste depuis 30 ans et connaît à fond la situation de tous les enfants et des parents qu’elle a souvent eus eux-mêmes comme élèves.
Koo Modt est aussi membre de l’équipe nationale chargée de réfléchir aux nouvelles méthodes pédagogiques destinées aux collèges du pays ; (dans l’ordre de l’Académie, elle a reçu le troisième prix de récompense nationale ). N’oublions pas que notre école de Ban Sataey est, depuis 2008 , école pilote du département et à ce titre , sert de référence en raison de sa gestion et des résultats scolaires obtenus. Se sentant aidés par « Les Amis du Vieux Tamarin », les enseignants sont conscients d’avoir des conditions de travail privilégiées : école et cantine neuves, restauration de qualité

2e visite – du 11 au 17 février.

Pendant les trois premiers jours, nous étions accompagnés par une famille de parrains de Niort. Guy et moi sommes restés trois autres jours afin de travailler sur plusieurs cas avec les enseignants et nous avons pu concrétiser un de nos désirs : le jumelage de l’école avec le collège Jean Moulin de Marolles . La nécessité de permettre aux enfants d’échanger directement privilégie le rôle du professeur d’anglais de part et d’autre. C’est une toute jeune femme de 23 ans ,sur son premier poste , qui s’en charge à Ban Sataey. Très motivée, elle dit apprécier la chance de pouvoir communiquer avec des étrangers tout en étant en zone rurale. Ce projet trouve un écho très favorable auprès des enfants sachant qu’un bon tiers reçoit l’aide d’un parrain.

Nous avons pu mesurer l’éloignement de certains enfants parrainés ; visitant toutes les familles , il nous a fallu deux jours pour passer dans les neuf villages, à vélo –2e jour : 40 km à pédaler par 35 degrés au soleil- Nous tenions à nous rendre compte de l’état des logements et à apprécier l’évolution des situations en un an.

3e visite – du 3 au 7 mars .

Nous passons ces quatre jours avec le groupe de Marollais parmi lesquels Martine, médecin et marraine , avec elle nous avons visité à trois reprises une petite filleule de 6 ans, orpheline et atteinte du sida- notre deuxième cas-
Nous déposons aussi la somme de 100858 baths sur le fonds « Kangkorn » Alimenté à chaque venue, le fonds atteindra cette année 1500000 baths ce qui nous permet de commencer les démarches pour qu’il devienne une Fondation.

Trop d’enfants vivent encore dans des maisons faites de quatre murs de planches ,couverts avec des tôles qui ne les protègent guère durant la mousson., telle la petite Vanessa, filleule de Martine, qui vit chez ses grands-parents ,ainsi que ses trois sœurs, dans une maison à même le sol , dont le plafond culmine à 1,70m : on n’y tient donc pas debout. Murs et plafond sont en vieilles tôles rouillées et chaque année, la maison baigne dans 50 cm d’eau pendant six à huit semaines ; il faut donc demander asile à la famille .Les grands parents, exemplaires travaillent encore dans les rizières, à plus de 75 ans, mais le salaire est si faible qu’ils ne peuvent pas s’en sortir ; la mère travaille à Bangkok et ne peut guère aider – quant aux quatre pères, c’est une autre affaire !Trois des fillettes sont parrainées.
Or depuis deux ans , notre souhait était de trouver des fonds pour leur bâtir une maison hors d’eau pendant la mousson .Très touchés par la situation, Martine et François décident de prendre en charge 80% du coût, qui s’élève à 3000 euros. Quarante-huit heures plus tard, nous avons en mains le plan conçu par Koo Modt et trois semaines après nous apprenons que les voisins aidaient à la construction pour en diminuer le coût ,inversant quelque peu la devise
« Le ciel t’a aidé, alors bouge toi »Nous vous tiendrons informés car il manquerait entre 500 et 1000 euros pour boucler le budget.

Lors de nos visites , nous avions également noté le cas particulier mais pas si rare, de la maman d’une de nos filleules, née avec les doigts palmés : à terme elle aurait perdu l’usage d’une main .Avec Martine, nous l’avons reçue. L’annulaire et le majeur de sa main gauche soudés par leur extrémité pouvant être séparés, et la partie chirurgicale proprement dite étant prise en charge par l’état, Koo Modt et ses amis médecins ont pu monter le dossier, sachant que « Les Amis du Vieux Tamarin » se chargeraient de régler tous les frais externes à l’opération , prévue pour le début d’avril.
Dans l’ensemble, nous avons constaté une amélioration : les villages se remettent petit à petit des inondations de l’hiver 2008-2009. Le prix du riz a baissé mais reste encore trop élevé eu égard à la modicité des salaires des ouvriers agricoles :150 baths environ par jour. A titre d’exemple, ce salaire équivaut en ce moment à 6 kilos de riz ou 5 litres de carburant ou encore 3 kilos d’oranges.

Autre pays, autre culture .



Lors de nos passages dans les familles, les demandes de photos reviennent sans cesse : en Asie, on rend presque un culte à la photo Les portraits des ancêtres, ceux des membres de la famille et, bien sûr les vôtres, ornent les murs ou trônent sur le téléviseur, témoins de l’importance qui leur est donnée mais cela nécessite des photos de qualité qui ne deviennent pas rouges ou vertes au bout de six mois !Pour notre prochain voyage, merci de prévoir des tirages de qualité de leur « papa ou maman » de France : vous êtes , à 10000 kilomètres de là, leur espoir d’une vie meilleure . Il leur faut la plus belle des photos !
Vous attendez du courrier …qui n’arrive pas ou qui est si court, si maladroit. si vide de renseignements….. Pourquoi écrire quand tout va bien ? Lorsque vous, parrains vous montrez intéressés par la vie, l’environnement, la famille de vos filleuls, vous créez chez eux un désir de contact, qui ne va pas de soi quand on sait que, même si la ville la plus proche n’est qu’à 30 kilomètres, on n’y va guère plus d’une ou deux fois l’an. Le voyage coûte cher ; on ne se déplace pas pour flâner dans les boutiques, mais pour une raison médicale impérative ou pour aller « à la grande école ».
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Les Asiatiques sont réservés et effacés .Les enfants des villages proches nous craignent moins, et parfois nous servent de guides mais il faut penser qu’au tout premier contact, dans les villages plus éloignés, ils découvrent des visages blancs qui les impressionnent beaucoup ; ils n’osent pas parler, et de par leur culture, se jugent inférieurs.


Toute cette joie dans le regard des enfants, grâce à votre aide, chers parrains, nous vous la transmettons mais n’attendez pas de nous d’être les messagers de leurs mercis – vous le savez ou vous l’ignorez : un Bouddhiste ne s’exprimera pas ou peu – sa vie même est un merci . A lui de rendre à son prochain, plus tard ce qu’il a reçu de vous, philosophie si sage, s’étirant en une longue chaîne tendue vers le bonheur. « Si tu peux le faire, tu dois le faire »
Mais nous,Guy et Montri, nous vous le disons, ce MERCI

mardi 24 mars 2009

Lettre de Héro pour Marie-Christine



Lettre d’Héro pour Marie

Bonjour Maman Marie,

Comment allez-vous ? Pardonnez-moi de ne pas vous avoir écrit plus tôt. Mais je tiens à vous remercier de m’avoir fait parvenir votre don, je mettrai les sommes que vous m’avez données sur mon livret d’Epargne afin que je puisse poursuivre mes études pour mon avenir. Vos dons m’aideront beaucoup pour mes études, les fournitures et les frais de transport. Je ne veux pas être comme mon oncle qui est paresseux et ne travaille jamais.

Je suis parti de Makhamtao pour vivre chez mon oncle et ma tante. J’ai une maladie qui m’a été transmise à ma naissance par ma mère. Mais j’ai eu de la chance dernièrement , car j’ai eu le traitement à temps, autrement je serais mort ! Le médecin m’a dit que j’étais séropositif et que la maladie s’était déclarée. Comme je vis avec mon oncle et ma tante je les appelle Papa et Maman aussi . Si j’étais resté chez ma grand-mère au village, je n’aurais pas eu de soins comme maintenant car elle n’a pas d’argent pour le transport vers l’hôpital ni pour acheter les médicaments. Ici c’est plus facile pour moi ; l’hôpital est tout près et il y a des bus qui passent devant la maison. Avec ma tante j’ai des repas équilibrés et j’ai pris 10 Kg depuis mon arrivée ici. A chaque fois que j’ai une visite médicale , j’ai une prise de sang obligatoire afin de contrôler l’évolution des plaquettes dans mon sang. Mais pour la dernière visite, le médecin a trouvé qu’il n’était pas nécessaire de le faire car j’avais pris du poids . Comme j’étais content !

Pendant que je vivais chez ma grand-mère , j’ai dépensé votre bourse en totalité en peu de temps ; mais avec Papa et Maman, je n’ai jusqu’ici rien dépensé ; je ne fais que placer l’argent sur mon compte à la banque car tous les deux, travaillent et ont un salaire. J’ai mon propre compte bancaire et j’ai mes économies à présent. Je suis sûr que j’aurai besoin de cette somme un jour. Pour mon avenir, je ne sais pas ! Je n’en veux à personne pour la malchance d’avoir attrapé cette maladie ; comme dit Maman, il ne faut pas être traumatisé , le cancer est plus dangereux aujourd’hui ; le plus important est de se garder en bonne forme.
Enfin , Maman Marie , je vous remercie beaucoup de votre aide, je vous fais une promesse d’homme à homme ; je serai une bonne personne je ne serai pas une poubelle de la société.

Respectueusement,

Héro

Lettre de Manita II





Manita pour famille Minard 1e Lettre
Très chère grande sœur Julie,

Comment allez-vous Quel temps fait- il en France ? Est-ce qu’il fait froid ? En Thaïlande ; il ne fait que 20°, il commence à faire froid. Ma mère adoptive a sorti de vieux pull-overs pour les laver afin que je puisse les porter. Heureusement , je peux les porter encore ; je n’ai pas beaucoup grandi . Le temps est changeant ; parfois il pleut ; parfois il y a du vent. C’est pour cela que mes frères et mes sœurs sont tous malades. A chacun son tour il a fallu voir le médecin.
Papa, Maman et ma sœur Julie, j’ai quelque chose à vous raconter. Le 13 septembre , nous avons eu les inondations au village ; notre maison n’a pas été épargnée, l’eau est arrivée jusqu’au plancher, on n’avait presque plus de place pour vivre dans la maison. Dans les rizières de mes parents, les récoltes sont toutes perdues. Aucun champ ni verger n’a été épargné ; tout le monde a souffert . Tout l’argent investi dans les semences et tout le travail sont perdus . Les villageois se sont même endettés. Le 19 septembre , c’était mon 9e anniversaire et pour la 1e fois , je n’ai pas eu droit à mon gâteau d’anniversaire : il n’y avait pas d’argent à la maison. J’étais déçue au fond de moi-même, mais je n’ai rien dit. Je réalisais que nous étions sans argent. Nous devons penser à la nourriture avant tout. Chacun doit être économe, à cette période des inondations. Mon cartable et mes livres, cahiers, chaussettes et etc. ont été endommagés . Lorsque l’eau s’est retirée, j’ai fait l’inventaire de ce qu’il me restait. Heureusement pour moi, j’ai encore votre bourse en réserve pour m’acheter d’autre matériel scolaire. C’est pour cela que j’ai demandé au professeur de m’accorder un versement exceptionnel . Je tiens encore à vous remercier pour votre aide , vous mes parents adoptifs .
Papa, Maman, j’aimerais bien avoir un ordinateur. J’ai vu des ordinateurs d’occasion en vente pour 6000 bath. A présent , je suis entrain d’économiser pour cela . Si un jour mes économies sont importantes , je vous demanderai la permission Papa, Maman de compléter le reste avec votre bourse qui reste dans mon compte de l’école. J’aimerais que ma mère adoptive installe Internet pour moi car l’Internet est capable de donner des informations sur toutes sortes de choses dans le domaine des études, des connaissances générales , et aussi dans les choses très amusantes. En ce moment, ma grande sœur m’enseigne comment utiliser Internet en essayant de chercher des réponses dans mes devoirs par www.google-co.th. Parfois pour les devoirs des professeurs nous ne trouvons pas toutes les réponses dans nos livres scolaires. Il arrive qu’avec ma grande sœur, nous allions à l’école pour utiliser Internet qui est gratuit , sur le site www.google.co.th et nous imprimons tous les documents nécessaires ; c’est très utile et j’adore….

Je vous raconte ma longue histoire ; j’ai peur que vous soyez ennuyés pour cela. En tous cas, si vous avez le temps écrivez-moi S.V.P. et racontez-moi votre histoire et de votre maison en France.
Enfin, je prie Dieu du monde entier de vous protéger et de vous rendre heureux pour toujours.

Respectueusement,
JIN
Manita Pundee

Lettre de Duanpen BOOTSRI




Lettres des enfants Jan 09 II

Mlle Duanpen BOOTSRI pour Fam. Ballue Sylvie et Vincent

57 MOO 11, Ban Phommathin, T. Lhumkao, Kok Somrong, Lopburi 15120

Le 10 November 2008


Chers Sylvie et Vincent,

Bonjour, je m’appelle Duanpen BOOTSRI, je suis la personne à qui vous avez accordé la bourse que je suis très heureuse d avoir. On peut dire que je suis des plus chanceuses de bénéficier de votre générosité. Votre bourse m’est très utile ; grâce à vous j’arrive au niveau Bac Professionnel 1. A ce niveau là c’est après la troisième. Cette année je suis dans ma deuxième année et j’ai déjà terminé mon premier trimestre, mes notes sont 3.66 sur 4, comme vous pouvez le constater avec le bulletin accompagnant mon courrier. Pour mon deuxième trimestre de 2e année, je fais des stages dans un établissement depuis 4 semaines ; cela a commencé le lundi 13 octobre et de termine le vendredi 12 décembre 2008 , au total 9 semaines de stage. Quand mon stage sera terminé, je retournerai à mes études normalement. Le stage est obligatoire pour les étudiants en comptabilité 2e année ; il se fait toujours au cours du 2e trimestre de chaque année. Mon stage consiste à être vendeuse dans une coopérative et à la fin de la journée je fais le compte des recettes pour la responsable. Je commence à 7H30 et termine à 14H30 . Ensuite je rentre dans ma chambre. En ce moment je vis dans une chambre d’étudiante qui se trouve près du collège. J’ai choisi cette solution car la maison familiale est trop loin du collège. Aucun bus ne passant devant la maison , il me fallait un autre moyen de locomotion pour aller jusqu’à l’arrêt de bus . Pour cette raison ma grand’mère qui ne voulait déranger personne a décidé de m’envoyer en pension en ville. Je réside dans une pension uniquement pour les filles, dont le loyer est de 2000 Bath (40€) par mois, eau et électricité non comprises. En ce moment c’est dur pour le loyer car je reste du lundi au vendredi à la pension, les samedis et les dimanches je retourne à la maison ; j’aide ma grand’mère à vendre des légumes que nous produisons nous-mêmes.

Le vendredi 24 octobre 2008, j’ai eu un accident de voiture en rentrant à la maison, je suis restée deux à trois jours à la maison . Ensuite, je suis retournée continuer mon stage car je ne voulais pas manquer trop longtemps : j’avais peur de perdre des points pour la suite de mes études. A présent je me suis bien remise de cet accident. Je pense toujours que vous êtes comme ma troisième mère. Ma première mère est celle qui m’a donné la vie, ma deuxième est ma grand’mère, celle qui me nourrit depuis l’ âge de 2 ans, après avoir perdu maman dans un accident de voiture. Enfin ma troisième mère, c’est vous, qui avez la générosité de m’accorder la chance de poursuivre mes études. Sans vous je ne serais pas arrivée dans mes études jusqu’ici. J’aime et j’adore étudier. Je suis très heureuse de faire mes études bien que de temps en temps , je rencontre des difficultés , mais je ne me fais pas de souci. Je réalise que l’éducation apporte un plus pour soi-même en connaissances et que plus étudie mieux on apprend.
Je vais faire de mon mieux pour que mes grands-parents et ceux qui me sont chers ne soient pas déçus de moi.

Enfin, je vous remercie beaucoup pour tout . En tant que Thaïlandaise, je vous invite à venir visiter note pays car il y a beaucoup d’endroits à visiter. Si cela vous dit, je vous invite à venir dans mon village où se trouve le centre des recherches archéologiques . On y trouve des squelettes de plus de mille ans , des poteries et des bijoux de cette époque. Si cela ne vous dérangeait pas, j’ ’aimerais avoir une ou deux photos en souvenir de vous. A l’avance je vous remercie.

Respectueusement,


Mlle Duanpen BOOTSRI

dimanche 22 mars 2009


THAILANDE JANVIER 2009

Après avoir parcouru Bangkok pendant 3 jours, nous avons pris très tôt le matin la direction de Makhamtao .Visite du site historique de Ayutthaya (ancienne capitale) repas sur le site puis départ pour Lopburi. Arrêt pour rendre visite au petit filleul de Marie-Christine. Premier contact avec un enfant parrainé. Guy et Montri nous expliquent le cas très douloureux de ce petit garçon atteint du Sida et nous entrons de suite dans l’émotion. G+M remettent l’argent de la part d’un ami de sa marraine en expliquent à l’enfant qu’il faut bien travaillé et surtout bien se nourrir. Il a repris 10kg en 1 an ce qui est très bien, il suivra son traitement car il tousse encore. Sa tante nous assure que l’argent lui est bien destiné et qu’ils vont habités en face d’où ils habitent, dans une maison bien confortable.
Départ vers Makhamtao et nous y sommes arrivés vers 18h. Nous faisons la connaissance à Nim, la nièce, puis nous rencontrons Somport, le frère aîné de Montri. Le soir nous dînons chez Naree où Nim nous fait découvrir sa délicieuse cuisine. Joyeuse ambiance avec les neveux et nièces. Soudain, d’un camarade de classe de Montri s'est présenté devant nous, avec très pressant et beaucoup alcoolisé qui fait rire tout le monde.
Première nuit dans la maison traditionnelle thaïe à Makhamtao. Réveil matinal au chant du coq et aux litanies du dimanche cela change de la vie grouillante de Bangkok. Après la petite déjeunée, nous prenons la direction le vieux tamarin, le temple du Makhamtao et ses cheidis, visite guidée par Guy et Montri.
Après le déjeuner en route pour la rencontre avec les filleules. La première rencontre fut pour Monique et Jpp ; Kaivaline nous attends avec ses grands parents et son frère .Contact assez intimidant entre des Farangs qui étreignent les filleuls et des enfants peut habitués aux contacts. G+M nous présentent les grand parents photos, visite de la maison et de la porcherie(attention les odeurs) tout est sobre mais propre. Contrôle par le prof. Montri des résultats de Kaivaline et de son frère très apprécié pour son travail de jardinage à la maison.
La seconde rencontre fut plus difficile .nous partons guidés vers la maison de Wilawon mais celle ci, impatiente passe par un raccourci, ‘Hip’, une petite fille sur un vélo et très dégourdie, elle nous ramène notre filleule .les contacts sont un peu plus faciles, mais restent tendus (problème de langage), nous attendons la jumelle Walawon, hélas elle est malade.
Nous partons tous pour la journée à Lopburi. Visite du temple en bois tout en teck qui se trouver au pied de Kao Wongphrajanne, le plus grand montage de Lopburi, lieu de pilerinage pour les bouddhistes. Visite du centre de spiritisme « Samphakarn » de Lopburi, l’ancien palais, puis shopping. Quelle transition pour ces enfants entre la simplicité du village et l’opulence de la ville. Les marraines veulent faire comme avec leurs petites filles ,mais comment choisir devant tant de chose. Après les conseils de G+M nous finissons les achats. A 16h nous demandons leurs désirs et à l’unanimité ils demande le KFC (Mac-do au poulet). C’est un vrai plaisir de les voir manger autre chose que du riz.(coca, poulet et frites)
Nous rentrons au village avec des enfants tout sourire et heureux .Après une journée si riche nous rendons les filleules aux grands parents qui nous remercient chaleureusement.
Le lendemain visite pour l’école de Ban Sataey Accueil très courtois pour G+M et les parrains par le directeur et les profs. G+M remettent d’importantes sommes d’argents pour l’association et tous les parrains de la Sarthe et d’ailleurs. Remise par Monique des sommes de Cathou, Gégé, Joel et Nanou pour les orphelins. Yvonne remet un jeu complet de maillots de Château-gombert (club marseillais) pour les ados. Nous sommes invités à partager le repas avec les profs. nous croisons nos filleules qui sont très intimidées .les profs et les élèves rentrent en cours dans un silence respectueux.
Hélas le plus dur nous attends .Guy & Montri nous avaient annoncé 10 cas et ce sont 23 qui nous sont présentés. d’abord 10 orphelins .l’assistante sociale nous explique chaque cas. Montri traduit, Guy explique devant la camera de JPP et je photographie chaque enfant pour les identifier. Plus on avance plus c’est dur, les mots sont rares, mais pesants devant tous ces enfants qui sont très intimidés mais cherche en nous l’espoir .nous avons tous les larmes aux yeux et les lunettes sont bien pratiques pour cacher notre tristesse .en ce jour nous comprenons comment cela est dur pour G+M de faire des choix.
Après ce moment difficile nous restons un peu avec tous les enfants et l’assistante sociale .Monique et Yvonne distribuent les crayons et stylos offert par les donateurs .les enfants sont ravis et intimidés par ces dames blondes parmi eux.
Nous quittons l’école avec le sentiment que nous faisons peu mais que G+M font un travail formidable
En fin d’après midi nous allons au village rencontré d’autres familles.
Les cas sont aussi très lourds mais on sent beaucoup la solidarité familiale .malgré la vétusté des habitations les enfants semblent heureux Merci a ces mamies et tantes pour l’amour et la protection qu’elles portent à ces enfants( jusqu’à 18 dans une famille)et dans des conditions parfois très précaires(1.5 m d’eau dans la maison pendant la mousson).
Nous quittons le village entouré d’ une multitude d’enfants qui nous réjouit d’avoir amené un tout petit peu d’espoir et qui nous fait relativisé nos problèmes .
Merci à vous 2 de nous avoir fait connaître, aimé votre pays et d’avoir pu rencontré notre filleule Wilawon.
Yvonne+Jacky

dimanche 26 octobre 2008

Lettre de Manita





Manita PUNDEE pour la Famille MINARD Jean-Pierre

Très chers papa et maman, bonjour ma grande sœur adorable à moi, Julie.

Aujourd’hui je viens de terminer mes devoirs et j’en profite pour vous écrire. A présent, je suis dans la classe P4 (CM1), Les études sont de plus en plus dures pour moi. Je commence à apprendre l’anglais mais j’ai du mal à comprendre ! Nous débutons les conversations, et nous apprenons à nous présenter ; j’espère que plus tard je pourrai lire et comprendre davantage. J’ai l’intention de bien travailler afin que je puisse communiquer avec vous en anglais. Le 19 septembre, j’aurai 9 ans. Une écolière de mon âge devrait être dans la classe de CE2, mais je suis en avance car mes parents m’ont envoyée à l’école très tôt. De ce fait je suis la plus jeune de ma classe. Je suis capable de suivre tout le monde.

Et ma grande sœur, Julie, dans quelle classe est-elle ? En ce moment en Thaïlande, il y a beaucoup de problèmes dans le domaine politique. L’économie est à son plus bas niveau . Le riz et toutes les autres denrées alimentaires sont devenus plus chers . Le riz que nous mangeons quotidiennement a vu son prix doublé ! Tout le monde se plaint, les salaires de mes parents n’ont pas augmenté, mais la vie est bien plus chère.

J’essaie d’aider mes parents en faisant moins de dépenses. Le vendredi 20 juin, les professeurs avaient convoqué ma mère pour lui faire comprendre la bourse d’aide aux études que vous m’avez accordée. Ils lui disaient que votre bourse était de 4800 bahts par an ; ma mère a demandé que l’école garde cette somme d’argent que je n’utiliserai que lorsque j’en aurai besoin.

Je vous remercie de m’offrir cette chance. Enfin je prie le Dieu du monde entier pour que vous soyez heureux et que vous viviez parmi nous le plus longtemps possible.

Respectueusement,

Jin

Mlle Manita PUNDEE




Un petits mots de son parrain: Bonjour les amis!
En panne d'ordinateur durant plus d'une semaine je viens d'ouvrir le courrier. Grande surprise en lisant le courrier de Manita, nous avions les larmes aux yeux. Pour le courrier vous pouvez bien sûr le mettre sur le blog sans problème nous aimerions avoir un courrier de ce genre chaque jour.

Avez vous pensé à emporter le petit sac que nous vous avions laissé lors de la réunion de juin, je pense que oui sinon se sera pour le prochain voyage. Nous vous ferons parvenir un courrier à lui remêttre en février ainsi qu'un chèque pour son noêl. Signé, Jean-Pierre

mardi 1 avril 2008

Compte-rendu du séjour avec des parrains du Mans en janvier 2008


Ce premier séjour 2008 a été riche en émotions : nous avons fait connaissance avec les 33 nouveaux enfants parrainés et nous avons accueilli successivement deux groupes venus de France

Le 15 janvier arrivaient nos premiers voyageurs, tous membres de la maison de la coiffure de la Sarthe et parrains de plusieurs enfants : Mme Lilian Maingar, présidente , Mme Maïté Bernier, vice-présidente et son époux Jean, Mme Marie-Christine Morillon, membre, et Mme Maryline Santol, attachée de direction auprès de la maison de la coiffure et de son centre de formation d’apprentis.

Nous avons visité la capitale ensemble pendant deux jours , découvrant son intense trafic automobile, et sa pollution, mais aussi ses marchés flottants et ses quartiers traditionnels.

Le 18 au matin, notre groupe montait dans le minibus conduit par « Torm ». Destination, le village natal de Montri « Ban Makhamtao » à 170 km de là.

Premier arrêt au bout de 60 km : Aythaya, ancienne capitale détruite voici trois siècles lors d’une invasion birmane. Visite qui serait, certes passionnante, mais nos voyageurs viennent de parcourir 10 000km pour rencontrer leurs filleuls et quel que soit l’intérêt des explications leur cœur est déjà à Makhamtao.

Deuxième arrêt : Lopburi où nous entrons dans un grand magasin – nous le découvrons - pour acheter des cadeaux destinés aux enfants. Pour nous : une voiture téléguidée et une poupée. Pour nos parrains, tee-shirts, robes et sous-vêtements – Au fait, quelle est la taille des filleuls ? Pris d’une grande « fièvre acheteuse », les parrains doivent être un peu cadrés : nous leur accordons 1h30 afin de pouvoir arriver de jour au village. Dehors le thermomètre affiche 32 mais l’intérieur est climatisé !Leur retour au minibus, croulant sous les sacs dans lesquels ils ont aussi glissé cahiers et crayons, arrache un petit sourire à « Torm ». Déballage dans le véhicule. « Montri », crois-tu que ce sera assez grand pour mon petit protégé « Héro » ? Elles ont fait des folies.

Autre arrêt pour un petit tour dans l’ancien palais de la cité du Roi Narai . Nouvel environnement ; nous voici dans les rizières ; nous quittons la départementale et arrivons à Ban Sataey . « Leur » école est là , encore en chantier, tout béton ; nous roulons au pas ; les questions fusent. L’ancienne école construite en bois et si confortable en cas de canicule, a succombé voici une dizaine de mois, victime de l’appétit des termites.

Nous traversons Ban Sataey - eh non, ce n’était pas encore Ban Makhamtao mais comment le savoir quand on ne lit pas l’alphabet thaï ! A la sortie du village, dans la rizière et dûment gardés, pataugent un millier de canards ; la seconde culture de riz se prépare en parfaite symbiose avec les volatiles, heureux d’y patauger : ils y trouvent leur pitance, fertilisent le sol de leurs déjections – et finiront en canards laqués !

Et soudain, à l’horizon, une masse vert foncé se détache du vert tendre des jeunes pousses de riz. Le village : enfin ! Le village raconté dans le livre « Montri, fils d’un paysan thaï » Depuis 20 ans Maryline m’entendait lui conter son histoire – depuis un an elle préparait ce voyage ; elle rêvait de le connaître et il est là à portée d’yeux, à portée de cœur !



Nous sommes accueillis dans la maison familiale de Montri où chacun doit trouver ses repères en dépit de la fatigue. Naree, sœur de Montri a préparé les lits ; il nous reste à mettre les draps. Douche, froide !, puis repas du soir, éclairés par un faible néon. (Un repas coûte entre 1€ et 1.50 €) . Une bonne nuit nous fera le plus grand bien.

Après la bruyante Bangkok, quel plaisir d’entendre le pépiement des oiseaux. Il faudra composer avec le chant matinal des coqs, les pétarades des vélomoteurs, heureusement peu nombreux et les aboiements des chiens, fidèles et efficaces gardiens des maison sur pilotis ; ils se promènent en toute liberté dans les rues. Quant au samedi matin, comme tous les samedis, réveil tonique assuré par le Tino Rossi local, précédant le bulletin d’informations de la semaine écoulée .

Après une bonne nuit de repos, re-douche froide, puis petit déjeuner et enfin visite au vieux tamarin, huit fois centenaire : géant fatigué, il s’éclaircit d’année en année et son feuillage ne tamise plus le soleil .

C’est jour de marché : légumes et boucherie. Les mouches attirées par l’odeur se posent sur la viande et le boucher a fort à faire pour les chasser en agitant un bâton au bout duquel il a fixé un sac en plastique.

Séance photos avant de partir pour l’école en minibus . En cette fin de matinée, les enfants les plus jeunes arrivent à la cantine - il s’agit d’un bâtiment provisoire ; l’autre devant être opérationnel dans les deux mois à venir. Le directeur, Mr Narong Hasap et ses collaborateurs nous accueillent chaleureusement ; Montri fait les présentations.


Conduits par leurs enseignants, les enfants parrainés arrivent - quelle émotion pour les quatre marraines et leurs filleuls. Les larmes que ne peut retenir Marie-Christine sont communicatives. Informés de nos coutumes, les enfants se laissent toucher– en Asie on n’a jamais de contact épidermique.

Films, photos, petit discours des enfants puis de Montri.

Le sporting club de Marolles nous ayant offert trois jeux de maillots verts et blancs, il s’ensuit alors, dans les rires, une séance d’essayage. On déjeunera donc, aux couleurs du SCM puisque, afin de marquer son passage la Maison de la Coiffure du Mans, offre le repas aux 148 enfants ainsi qu’à tous les invités : 180 personnes en tout. Repas de fête ! Glace au dessert !

Coût : 150 € ! Quelques femmes de Makhamtao sont venues bénévolement pour aider au service. ( Nos visites ont toujours lieu sur un temps de repas pour ne pas perturber les cours ; nous avons donc, cette fois, joint l’utile à l’agréable. )

Que d’étonnement pour les enfants , âgés de 8 à 12 ans - ces « farangs » venus du bout du monde, pour les voir, doivent être très riches ! Et puis, quelle drôle de couleur de peau : toute blanche ! Et ces yeux ronds et clairs ! Et ces cheveux couleur de paille ! Et cette curieuse habitude qu’ils ont de vouloir nous toucher !

Pour le lendemain, rendez-vous est pris : nous irons rencontrer les filleuls dans leur cadre de vie familial.

L’après-midi est consacré à la visite de Ban mi puis du temple en teck au pied de la montagne aux 1500 marches « Kao Wongphachan » - Retour au village : il fait encore 30 degrés et la douche paraît friskette ! Dîner et plaisir de goûter les saveurs de la cuisine thaïlandaise .

Deuxième nuit au village : en dépit de la chaleur, on apprécie la souplesse des matelas et les bruits de la nuit semblent déjà plus familiers. Au réveil, petite réminiscence de notre pays : une bonne odeur de café et même pain grillé et beurre - le beurre, produit de luxe, importé de Nouvelle Zélande, que la cuisinière a réussi à trouver.

Le minibus nous attend pour la visite des protégés de nos amis : de maison en maison, de famille en famille, les parrains découvrent leur vie quotidienne. Certains sont orphelins . Les voisins viennent en curieux : on vient voir ces gens si bien habillés, guidés par quelqu’un qui a l’air d’être thaï et qui, pourtant s’embrouille parfois dans la langue ! Bien sûr, notre visite était attendue : tout est propre mais, si on peut masquer la saleté, la pauvreté, elle, ne se dissimule pas !


Nos amis veulent offrir à ces enfants une journée de loisir . Avec notre minibus et guidés par Sompop , neveu de Montri, qui servira aussi d’interprète, ils partent pour le zoo de Lopburi à 30 km du village. Pendant ce temps Montri et moi-même irons visiter une quinzaine d’autres enfants parrainés, de maison en maison, de misère en misère ! Nous mesurons mieux l’utilité de notre action - là-bas à 170 km, Bangkok la ville-vitrine, ici la pénibilité des rizières , la pauvreté et parfois, l’alcoolisme. Une institutrice nous accompagne : elle connaît chaque famille, nous guide, nous conseille- attention de ne pas donner trop d’argent aux enfants de la part des parrains restés en France ; il pourrait ne pas leur profiter. Il est plus judicieux d’en confier une partie à l’école qui redistribuera tout au long de l’année, en remboursant des achats utiles à l’enfant et à lui seul.

Le soir, nous rentrons , épuisés mais heureux de retrouver le groupe, ravi de sa sortie au zoo : les enfants en ont pleinement profité et c’est à qui vantera l’exceptionnel éveil de son filleul !

Montri et moi sommes peu loquaces : la misère, ce n’est pas facile à « dire » !

18h30 : à cette époque de l’année, la nuit tombe très vite. Avant le dîner, nous devons faire les bagages, pour être prêts à partir dès l’aube, pour le nord, en passant par Sukhotai, l’ancienne capitale, Chiangmai et Chiangrai. Nous partons en direction de la frontière birmane et du Laos, vers le triangle d’or ; ensuite nous redescendrons le long du Mékong jusqu’à Hua Hin, notre point de chute.

Tout est prêt pour le départ. « Hero », le petit protégé de Marie-Christine est là pour les adieux : la marraine est en larmes, le garçon a du mal à comprendre. Je dois lui expliquer la tristesse qu’elle ressent. Nous partons , silencieux ; les sentiments n’ont à ce moment besoin d’aucune parole pour s’exprimer.

De retour à Bangkok au terme de notre périple, nous avons parcouru 2500 km .

« Qu’est ce qui vous a le plus marqués ? » demandé-je

Réponse instantanée et unanime : « Le village de Makhamtao »